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Ce film fait partie d’un corpus filmiques traitant des troubles psychologiques et psychiatriques des soldats mandatés par la Navy ou d’autres divisions de l’armée américaine dans les années 1940 et 1950. En effet, après les bombardements de Pearl Harbour en 1941, les forces armées prennent la décision de commissionner des professionnels de l’industrie cinématographique pour produire plusieurs types de documentaires destinés à la fois, à l’éducation de leurs enrôlés et du grand public, mais aussi à entretenir le soutien civil pour « l’effort de guerre » . Deux sections au sein de l’armée seront créées dans ce but : la First Motion Picture Unit, qui appartient à l’armée de l’air, ainsi que le Signal Corps Army Pictorial Service. Le réalisateur John Huston, appelé à faire partie de la sélection des cinéastes militaires, produira alors trois films documentaires pour l’armée : Report from the Aleutians en 1943, The Battle of San Pietro en 1945, ainsi que Let There Be Light en 1946.
 
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Résolument optimiste, cette dynamique narrative s’attache à décrire l’évolution psychologique des soldats en filmant au plus près leurs visages, leurs paroles, leurs mouvements : lorsqu’ils racontent leur vécu au thérapeute, ils sont filmés de sorte à ce qu’ils occupent le centre de la composition visuelle du plan, souvent en gros plan. La caméra prend toujours soin d’articuler le son et l’image à la thématique abordée dans la conversation. Durant la première séance de narco-synthèse, le soignant demande au soldat « qui ne peut plus marcher »  de se lever après le traitement : la caméra se focalise alors sur ses jambes, tandis qu’il effectue quelques pas sans l’aide du personnel (« alright, now walk out here, walk over the nurse all by yourself »). Enfin, lorsque le patient souffrant d’aphasie se met à parler normalement après l’injection d’amytal de sodium, la caméra se focalise longuement sur son visage en pleurs, puis maintient ce cadrage en gros plan lorsqu’il confie son vécu au soignant (« I can talk ! I can talk ! Ho god listen, I can talk ! »).
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Nous remarquons que ce synchronisme est particulièrement sensible dans les moments forts du traitement des névroses, comme lorsque nous sont montrés les efforts de guérison des soldats , renforçant du même coup l’adhésion et l’empathie du spectateur. Il est intéressant aussi de noter comment la voix over invite à l’empathie en usant d’une forte dramatisation dans la description des patients (« These are the casualties of the spirit ») et de leurs troubles. Cette approche humaniste n’empêche pas le film de donner une image « objective » des névroses de guerre présentées comme une réalité dont il faut prendre acte, au même titre que les maladies somatiques (« physically ills often have psychic causes, just as emotional ills may have a heavy physical basis »).
 
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Le psychiatre (le colonel Benjamin Simon, directeur de l’hôpital) est désigné comme un médecin de l’esprit qui pratique la psychothérapie à travers la cure par la parole, mais qui administre aussi à ses patients des médicaments pour les calmer ou les faire parler, le choc nerveux induisant des amnésies passagères que la narcothérapie permet de débloquer. Découvert au début des années 1930 le sodium amytal ou sodium penthotal permet de provoquer un état dans lequel le patient est plus relaxé et communicatif. Appelée aussi l’ivresse au pentothal ou l’hypnose chimique, cette substance agit comme une sorte de sérum de vérité induisant une relaxation du système nerveux central (mise en veille du cerveau), une hypotonie musculaire (ralentissements de mouvements) et une dépression respiratoire (ralentissements des mouvements respiratoires). Utilisé dans le contexte de conflits militaires pour obtenir des informations d’un sujet non consentant, comme les prisonniers des armées ennemies, la narcosynthèse est créditée dans le cinéma d’une efficacité magique puisqu’elle offre la possibilité de faire dire la vérité à des sujets qui la dissimulent ou qui l’ont oubliée suite à un choc nerveux. Dans la réalité, les études montrent que l’information obtenue sous l’effet de cette drogue chimique n’est pas fiable puisque le sujet interrogé mélange souvent faits réels et imaginaires, sans compter que chaque individu réagit différemment au produit selon sa sensibilité.
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Les patients sont présentés comme des hommes meurtris par les horreurs de la guerre (« the names and the places are different, the circumstances are different. But through all the stories runs one thread – death and the fear of death »). Leur vie personnele est placée au cœur du récit, renforçant l’identification du spectateur grâce à un ensemble d’éléments familiers comme la visite de leurs proches.
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Let There Be Light, dans sa dimension profondément humaine, accorde une place significative à la famille : les patients admis à l’hôpital Mason General ont le droit, avant leur première nuit, à de longs appels téléphoniques sans frais avec leurs proches (« after months and years of silence, familiar voices are heard once again »), tandis que la journée des visiteurs montre les soldats passant du temps avec des membres de la famille dans les jardins de l’hôpital.
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Quant à la névrose de guerre, elle est présentée comme une maladie concrète, ayant des causes explicables et dont les symptômes peuvent être traités comme n’importe quelle autre maladie.  On soulignera notamment la volonté du film de décrire les psychonévroses de guerre à travers un langage clair et accessible – par exemple pour la narco-synthèse : « the use of this drug serves a twofold purpose : like hypnosis, it is a shortcut to the unconscious, as a surgeon probes for a bullet. The psychiatrist explores a submerging regions of the mind attempting to locate and bring to the surface the emotional conflict which is the cause of the patients emotional distress »). Le recours aux analogies permet à la fois d’assurer la bonne transmission de l’information et de sensibiliser le public aux conséquences psychiques de la guerre .
 
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Revision as of 17:47, 14 January 2022

 

Let there be light


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Title Let there be light
Year of production 1946
Country of production États-Unis
Director(s) John Huston
Duration 58 minutes
Format Parlant - Noir et blanc - 35 mm
Original language(s) English
Subtitles and transcription English
Archive holder(s) United States National Library of Medicine
Warning: this record has not been reviewed yet and may be incomplete or inaccurate.

Main credits

(français)
Le film débute avec deux cartons : le premier superpose son titre (« Let There Be Light ») sur un plan fixe de l’entrée de l’hôpital militaire Mason General. Le deuxième résume son contexte sur un lent enchainement de deux plans qui nous montrent des bateaux militaires en mer. Le complément textuel défile comme suit : « Environ 20% de tous les blessés au combat dans l'armée américaine pendant la Seconde Guerre mondiale étaient de nature neuropsychiatrique. Les méthodes de traitement spéciales présentées dans ce film, telles que l'hypnose et la narco-synthèse, ont été particulièrement efficaces dans les cas aigus comme la névrose de combat. Le même succès n'est pas à attendre lorsqu'il s'agit de névroses de paix qui sont généralement de nature chronique. Il n’y a aucune mise en scène. Les caméras ont simplement enregistré ce qui se passait dans un hôpital militaire ». Le générique d’ouverture se clôt avec une voix over qui commente le retour des soldats américains sur le continent après la fin de la Seconde Guerre Mondiale.

Content

Medical themes

Theme

(français)
Le film vise à montrer comment des soldats atteints de névroses de guerre (« war neuroses » ou « shellshock ») peuvent réintégrer la vie civile en suivant des traitements psychothérapeutiques adaptés, dans le cadre de l’hôpital militaire Mason General situé sur l’île de Long Island dans l’état de New-York. Il s’agit de déstigmatiser des troubles nerveux encore tabous à l’époque, de sorte à encourager les potentiels employeurs à engager ces hommes une fois revenus à la vie civile.

Main genre

Documentaire

Synopsis

(français)
Ce film documentaire suit le quotidien d’un groupe de soldats atteints de troubles névrotiques sur deux parties relativement distinctes : la première décrit les diverses étapes du traitement des malades, de leur diagnostic jusqu’à l’usage de méthodes psychothérapeutiques représentatives de la psychiatrie moderne . La seconde suit les thérapies de groupe et les discussions entre le thérapeute et les patients en rémission, lesquelles ont pour enjeu d’amorcer leur réintégration dans la vie civile. Le spectateur est alors témoin de la guérison progressive des soldats, de leur admission à l’hôpital jusqu’à leur sortie (« discharge ») .

Context

(français)
Ce film fait partie d'un vaste corpus de films consacrés aux troubles psychologiques et psychiatriques des soldats tournés par la Navy ou d'autres divisions de l'armée américaine dans les années 1940 et 1950.

Ce corpus comprend :
Combat Exhaustion (1943)
Introduction To Combat Fatigue (1944)
The Inside Story (1944)
The_N.P._Patient (1944)
Combat Fatigue Irritability (1945)
Insomnia (1945)
Assignment Home (1945)
Combat Fatigue Psychosomatic Disorders (1946)
Shades of grey (1948)
Combat Psychiatry - The Battalion Medical Officer (1954)
Combat Psychiatry - The Division Psychiatrist (1954)


Ce film fait partie d’un corpus filmiques traitant des troubles psychologiques et psychiatriques des soldats mandatés par la Navy ou d’autres divisions de l’armée américaine dans les années 1940 et 1950. En effet, après les bombardements de Pearl Harbour en 1941, les forces armées prennent la décision de commissionner des professionnels de l’industrie cinématographique pour produire plusieurs types de documentaires destinés à la fois, à l’éducation de leurs enrôlés et du grand public, mais aussi à entretenir le soutien civil pour « l’effort de guerre » . Deux sections au sein de l’armée seront créées dans ce but : la First Motion Picture Unit, qui appartient à l’armée de l’air, ainsi que le Signal Corps Army Pictorial Service. Le réalisateur John Huston, appelé à faire partie de la sélection des cinéastes militaires, produira alors trois films documentaires pour l’armée : Report from the Aleutians en 1943, The Battle of San Pietro en 1945, ainsi que Let There Be Light en 1946.

Structuring elements of the film

  • Reporting footage  : Yes.
  • Set footage  : No.
  • Archival footage  : No.
  • Animated sequences  : No.
  • Intertitles  : Yes.
  • Host  : No.
  • Voice-over  : Yes.
  • Interview  : No.
  • Music and sound effects : Yes.
  • Images featured in other films : No.

How does the film direct the viewer’s attention?

(français)
Le film invite le spectateur à avoir de l’empathie pour le patient par l’intermédiaire d’un discours combinant approche documentaire et dramatisation. Il alterne en effet des séquences de « cinéma direct » avant la lettre où le vécu intime des soldats surgit avec des effets criants de vérité et des séquences plus construites dignes des films classiques hollywoodiens (emploi d’une musique orchestrale, jeux d’ombres et de lumières, prises de vue à plusieurs caméras permettant de réaliser des champs-contrechamps, etc.). Le récit adopte une logique de causalité linéaire : nous avons la mise en situation (les soldats revenant d’outre-mer), la perturbation (les névroses), la réparation (les traitements psychothérapeutiques) et finalement la résolution (la sortie de l’hôpital).

Résolument optimiste, cette dynamique narrative s’attache à décrire l’évolution psychologique des soldats en filmant au plus près leurs visages, leurs paroles, leurs mouvements : lorsqu’ils racontent leur vécu au thérapeute, ils sont filmés de sorte à ce qu’ils occupent le centre de la composition visuelle du plan, souvent en gros plan. La caméra prend toujours soin d’articuler le son et l’image à la thématique abordée dans la conversation. Durant la première séance de narco-synthèse, le soignant demande au soldat « qui ne peut plus marcher » de se lever après le traitement : la caméra se focalise alors sur ses jambes, tandis qu’il effectue quelques pas sans l’aide du personnel (« alright, now walk out here, walk over the nurse all by yourself »). Enfin, lorsque le patient souffrant d’aphasie se met à parler normalement après l’injection d’amytal de sodium, la caméra se focalise longuement sur son visage en pleurs, puis maintient ce cadrage en gros plan lorsqu’il confie son vécu au soignant (« I can talk ! I can talk ! Ho god listen, I can talk ! »).

Nous remarquons que ce synchronisme est particulièrement sensible dans les moments forts du traitement des névroses, comme lorsque nous sont montrés les efforts de guérison des soldats , renforçant du même coup l’adhésion et l’empathie du spectateur. Il est intéressant aussi de noter comment la voix over invite à l’empathie en usant d’une forte dramatisation dans la description des patients (« These are the casualties of the spirit ») et de leurs troubles. Cette approche humaniste n’empêche pas le film de donner une image « objective » des névroses de guerre présentées comme une réalité dont il faut prendre acte, au même titre que les maladies somatiques (« physically ills often have psychic causes, just as emotional ills may have a heavy physical basis »).

How are health and medicine portrayed?

(français)
Le personnel soignant est présenté comme une entité compétente qui maîtrise les outils de la psychiatrie moderne : la caméra filme le thérapeute dans une perspective de valorisation de son savoir-faire, mettant l’accent sur sa parole, ses gestes, ses interactions avec les patients, ainsi que sur l’emploi de diverses méthodes (test de Rorschach, hypnose, thérapie de groupe, ergothérapie, etc.). Ses compétences et leur mise en pratique supplantent dès lors son individualité et son identité, lesquelles ne jouent pas un rôle essentiel dans le cadre du film (la voix over ne donne d’ailleurs pas les noms du personnel soignant). La maladie et le récit des malades sont alors privilégiés, le soignant ayant comme mission de guider ces soldats sur le chemin de la guérison.

Le psychiatre (le colonel Benjamin Simon, directeur de l’hôpital) est désigné comme un médecin de l’esprit qui pratique la psychothérapie à travers la cure par la parole, mais qui administre aussi à ses patients des médicaments pour les calmer ou les faire parler, le choc nerveux induisant des amnésies passagères que la narcothérapie permet de débloquer. Découvert au début des années 1930 le sodium amytal ou sodium penthotal permet de provoquer un état dans lequel le patient est plus relaxé et communicatif. Appelée aussi l’ivresse au pentothal ou l’hypnose chimique, cette substance agit comme une sorte de sérum de vérité induisant une relaxation du système nerveux central (mise en veille du cerveau), une hypotonie musculaire (ralentissements de mouvements) et une dépression respiratoire (ralentissements des mouvements respiratoires). Utilisé dans le contexte de conflits militaires pour obtenir des informations d’un sujet non consentant, comme les prisonniers des armées ennemies, la narcosynthèse est créditée dans le cinéma d’une efficacité magique puisqu’elle offre la possibilité de faire dire la vérité à des sujets qui la dissimulent ou qui l’ont oubliée suite à un choc nerveux. Dans la réalité, les études montrent que l’information obtenue sous l’effet de cette drogue chimique n’est pas fiable puisque le sujet interrogé mélange souvent faits réels et imaginaires, sans compter que chaque individu réagit différemment au produit selon sa sensibilité.

Les patients sont présentés comme des hommes meurtris par les horreurs de la guerre (« the names and the places are different, the circumstances are different. But through all the stories runs one thread – death and the fear of death »). Leur vie personnele est placée au cœur du récit, renforçant l’identification du spectateur grâce à un ensemble d’éléments familiers comme la visite de leurs proches.

Let There Be Light, dans sa dimension profondément humaine, accorde une place significative à la famille : les patients admis à l’hôpital Mason General ont le droit, avant leur première nuit, à de longs appels téléphoniques sans frais avec leurs proches (« after months and years of silence, familiar voices are heard once again »), tandis que la journée des visiteurs montre les soldats passant du temps avec des membres de la famille dans les jardins de l’hôpital.

Quant à la névrose de guerre, elle est présentée comme une maladie concrète, ayant des causes explicables et dont les symptômes peuvent être traités comme n’importe quelle autre maladie. On soulignera notamment la volonté du film de décrire les psychonévroses de guerre à travers un langage clair et accessible – par exemple pour la narco-synthèse : « the use of this drug serves a twofold purpose : like hypnosis, it is a shortcut to the unconscious, as a surgeon probes for a bullet. The psychiatrist explores a submerging regions of the mind attempting to locate and bring to the surface the emotional conflict which is the cause of the patients emotional distress »). Le recours aux analogies permet à la fois d’assurer la bonne transmission de l’information et de sensibiliser le public aux conséquences psychiques de la guerre .

Broadcasting and reception

Where is the film screened?

(français)
Il n'a jamais été diffusé car il a été censuré par l'armée.

Presentations and events associated with the film

(français)
Ce film a fait partie de la sélection Un certain regard du Festival de Cannes en 1981.

Audience

(français)

Local, national, or international audience

National

Description

(français)

Supplementary notes

(français)
Musique : Dimitri Tiomkins

Photo : Stanley Cortez

Voix off : Walter Huston (père de John Huston)

References and external documents

(français)
C. A. Morgan III, From Let there be light to Shades of Grey: the construction of authoritative knowledge about combat fatigue (1945-1948) in Signs of life, Cinema and Medicine, edited by Graeme Harper and Andrew Moor, Wallflower Press, London and New York, 2005.
Lowy Vincent & Cantor David, Conversion Narratives, Health Films, and Hollywood Filmmakers of the 1930s and 1940s in Health Education Films in the Twentieth Century, edited by Christian Bonah, David Cantor and Anja Laukötter, University of Rochester Press, Rochester, 2018.


Contributors

  • Record written by : Élisabeth Fuchs