Difference between revisions of "A votre santé (Thévenard)"

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Un rappel sur la place du vin et des liqueurs dans l'identité de la France. Un retour sur les idées préconçues à l'égard de l'alcool. Nuisances physiologiques et psychiques. Des chiffres pour mesurer l'ampleur de l'alcoolisme dans la société française. Mise en scène des conduites à risques. 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Le film n'en souligne pas moins que l'alcoolisme concerne aussi les domaines de la police et de la justice (responsabilité des buveurs).}}SEP@R@TEURLieu projection={{HT_ProjSEP@R@TEURLangue=frSEP@R@TEURTexte=première partie de programme cinématographique.}}SEP@R@TEURPublic={{HT_PubSEP@R@TEURLangue=frSEP@R@TEURTexte=tout public}}SEP@R@TEURDescriptif libre={{HT_DescSEP@R@TEURLangue=frSEP@R@TEURTexte='''L’alcool dans la culture française'''<br />Plan général, riant paysage de France, vignes, vergers, route et village. Commentaire : « La vigne est une des cultures de prédilection du sol français… » Un paysan entrain de gauler un pommier. « Bien d’autres arbres fruitiers sont la source de boissons fermentées et de liqueurs. » Plans d’usines, tonneaux alignés pour évoquer l’industrialisation de la production viticole. Vins et liqueurs se vendent massivement à l’étranger, mais les Français eux-mêmes « leur font grand honneur. » Plan d’un homme gisant ivre, sous un tonneau. Scènes de fêtes villageoises où les libations vont bon train. Jeunes et vieux paysans, le béret ou la casquette vissé sur la tête, boivent au bol ou à la tasse, une femme débraillée tend son verre : à remarquer que de tout le film, c’est la seule femme qui soit montrée ivre. L’alcool festif ne concerne pas que les classes populaires : le film enchaîne en montrant un banquet mondain, avec des convives habillés avec élégance, réunis autour d’une table recouverte d’une nappe blanche, illuminée par les lueurs des chandelles et leurs reflets dans les verres et les bouteilles. Le commentaire précise que « sont mobilisées en son honneur les vedettes de la scène et personnalités de la politique française ou étrangère ». Cérémonie d’un ordre chevaleresque associé au vin, également abondamment arrosée. « Aussi n’est-il pas surprenant qu’à son sujet tant d’idées fausses sont si profondément enracinées. »<br />'''L’alcool au quotidien'''<br />Int. Nuit. Un bar le soir, deux hommes rassemblés à un comptoir, plan américain.  Chacun trinque en disant « A votre santé ! ». L’un d’eux ajoute, sa main passant de sa gorge à la proéminence du ventre : « Ah que ça fait du bien par là où que ça passe ! ». Le commentaire interpelle les personnages qui se retournent pour un regard caméra : « Par où que ça passe, dites-vous ! » Zoom sur l’abdomen du personnage, fondu, schéma animé sur fond noir qui reproduit les parties concernées de l’organisme à mesure que le commentaire décrit la digestion de l’alcool et sa diffusion par le réseau sanguin. Estomac, intestin, foie, cerveau. « L’imprégnation du cerveau embrume l’esprit de son propriétaire et altère sa personnalité. » Les réactions au vin, à chaque fois illustrées par une saynète muette : gaieté ou tristesse excessives, agressivité dans les situations sociales. Retour au schéma animé : le cervelet atteint, l’équilibre se perd. Séquence d’animation burlesque par Serge Tessarech (collaborateur de Jean Image) montrant un homme ivre, claudiquant dans la rue.  Le film s’en prend dès lors à la chronicité de la consommation d’alcool. D’abord l’habitude chez les travailleurs de boire un litre de vin chaque jour, « sans lequel tant de compatriotes se croiraient incapables de suffire à leur tâche ». Plan de la bouteille posée sur les tables familiales. Le commentaire rappelle qu’il contient 100cm2 d’alcool éthylique « corps éminemment toxique ». Panoramique sur les bouteilles alignées sur l’étagère derrière le comptoir d’un bar. Le commentaire pointe cette fois la pratique quotidienne de l’apéritif ou du digestif « qui entraîne à la longue l’altération la plus grave de la santé ». La conséquence à redouter : la gastrite ou la cirrhose du foie. Sur fond noir, plan clinique sur un ventre excessivement enflé, parcouru de veines saillantes. Autre conséquence : l’internement psychiatrique. Plans du portail ou du mur d’enceinte d’un établissement. Schéma animé pour les chiffres : cas de cirrhoses quadruplés de 1947 à 1950, triplés de 1950 à 1956. Diminution de 41% des cas psychiatriques avec la disparition de l’alcoolisme (le terme employé est : « l’alcool »). Comparaison internationale : la France est la plus grande consommatrice, devant la Suède, la Belgique, les Pays-Bas, la Norvège, la Suisse, l’Italie, l’Angleterre, l’Espagne… (07.19)<br />'''L’alcool et la descendance, l’ivresse a volant'''<br />Retour au bar : l’autre buveur réagit en affirmant que chacun a connu de grands consommateurs d’alcool qui sont morts âgés. « Ainsi moi qi vous parle, mon grand-père était vigneron, il buvait au moins cinq litres de vine par jour. Ca ne l’a pas empêché de vivre jusqu’à 72 ans ». Argument faible, tant celui qui l’avance parait lui-même bien mal en point. Le commentaire rétorque : « Votre père a-t-il fait aussi bien ? Et vos enfants ? » Le buveur évoque des accidents, des faiblesses de constitution pour expliquer des parcours tôt arrêtés. « Bien sûr, réplique le commentaire, à moins que le grand-père, en gaspillant son capital santé n’ait frustré ses descendants d’une part de son héritage. »L’alcool au volant : scène d’accident nocturne, soins d’urgence. Le commentaire rappelle que « depuis le 1 er janvier 1956, les officiers de police peuvent, s’ils soupçonnent l’ivresse chez l’auteur présumé de l’accident, faire procéder à un examen clinique ». Il est établi ainsi qu’à Beauvais et Morlaix, où des enquêtes ont été spécifiquement mises en place, plus de la moitié des accidents de la route sont causés par l’ivresse. <br />Saynète montrant un homme ivre sortir d’une maison pour monter dans une voiture. Il la démarre. « Un homme en état d’imprégnation alcoolique se sent lui en pleine forme. Sa virtuosité factice l’incite, au mépris du code de la route, à prendre des risques… » Plan général en légère contreplongée sur une route de campagne, une automobile en dépasse une autre en la débordant sur la gauche. Conduite à même de provoquer des accidents et des morts. (11.08)<br />'''L’alcool en équipe et en famille'''<br />Int. Jour, dans un atelier d’usine, échange entre deux ouvriers autour d’une machine. Ils s’inquiètent pour un de leurs collègues qu’on aperçoit au fond du champ. « J’étais avec lui à midi, il n’a pas beaucoup bu, mais il est tellement imbibé… ». Ils jettent des coups d’œil de son côté. La caméra resserre sur l’un des deux ouvriers. Cri hors champ. Il s’exclame : « Ah, ça y est ! ». Dans le bureau du contremaître, celui-ci explique aux ouvriers venus aux nouvelles : « Si c’était maintenant, jamais on n’accepterait un type comme lui à l’examen d’embauche ! » Sur fond noir, les mains de l’homme blessé. « Résultat, un estropié, dont l’aptitude au travail est devenue pratiquement nulle. » (12.43)Autre conséquence de la consommation abusive et répétée de l’alcool : l’homme devenu chez lui un « tyran domestique ». Int., pièce de cuisine, une femme se tient devant le four, une autre est assise et lit. La première va à la fenêtre : « Tenez, le voilà votre mari ! Il n’a l’air de rien, pourtant ! » L’autre femme répond d’un ton amer : « Il n’a jamais l’air !.. Et pourtant, il a sa dose comme tous les jours ». Cut. It. Salle à manger, la femme se met à servir pendant qu’un homme entre. C’est le mari. Ses gestes sont erratiques, son visage est crispé par une colère sourde. Les reproches pleuvent sur l’épouse puis sur le fils qui tarde à se présenter à table. Silence de plomb entre ses invectives. « Naturellement, elle n’est pas salée cette soupe ! » L’homme lâchant sa cuillère dans l’assiette, il prétexte un rhumatisme. « Et tâche de ne pas rigoler ! » ajoute-t-il en direction de son fils qui a baissé le nez en sentant le danger. Après les reproches, ce sont les coups qui pleuvent : l’homme se lève et abat sa main sur son fils qui se protège en levant le coude. « Et j’en ai assez à ton service ! » dit-il en pointant sa femme du doigt. Gros plan sur le visage de celle-ci, marquée par la douleur et la crainte. (15.29) <br />Ces deux saynètes qui viennent de se succéder étonnent par leur intensité. Elles sont mises en scène comme des morceaux de drame réaliste, rappelant les œuvres de Jacques Becker. La reconstitution de l’atelier ou des intérieurs domestiques est soignée, et le découpage affuté sert une narration astreinte à la concision. Les comédiens habitent chaque plan comme si chaque saynète devait se prolonger en long métrage : les regards sont tendus, les répliques fusent, les gestes sont vifs et cèdent vite à la violence. <br />'''La jeunesse, entre le contre-exemple des buveurs et l’exemple des sportifs.'''<br />« N’oubliez pas non plus ces paris stupides dont les jeunes gens sont trop souvent friands ». Un groupe de garçons et filles au bar. Sur le comptoir, les verres se remplissent et se vident, se remplissent à nouveau. Alain doit en boire plusieurs d’affilée. Deux filles se tiennent de chaque côté de lui pour l’encourager. La musique dissone au quatrième verre. Gros plan sur le visage d’Alain, empreint de douleur et d’appréhension pendant qu’il porte la coupe aux lèvres. Il s’écroule. « Et oui, mort. Mort par intoxication massive. »Plan général sur une route qui se prolonge en pont dans un paysage verdoyant. Un peloton de cyclistes roule dessus à vive allure. Le commentaire les prend en exemple. « Au tour de France, il est vrai, des banderoles et des caravanes publicitaires vantent les mérites de l’alcool. Pourtant à l’étape, que boit le vainqueur ? De l’eau. » Plan d’altérophile en plein effort, puis de gymnastes et d’équilibristes. Pour eux, remarque le commentaire, l’alcool est rigoureusement proscrit. « Il y va de leur vie, disons-nous. Mais n’y va-t-il pas aussi de la vôtre si vous vous laissiez aller à l’habitude alcoolique ?  Aussi est-ce bien ‘à votre santé’ que nous avons réunis pour vous les quelques images qui composent ce film ». Carton avec le mot « Fin ».}}SEP@R@TEURDocuments_Film=SEP@R@TEURDocuments_Externes=SEP@R@TEURThèmes médicaux=615.9}}
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|Résumé=Exposé sur les dangers de l'alcool. Un rappel sur la place du vin et des liqueurs dans l'identité de la France. Un retour sur les idées préconçues à l'égard de l'alcool. Nuisances physiologiques et psychiques. Des chiffres pour mesurer l'ampleur de l'alcoolisme dans la société française. Mise en scène des conduites à risques. Le film insiste sur les préjugés des personnes d'âge mûr et l'imprudence des jeunes personnes.
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|Contexte=A partir de 1954, sous l'impulsion du gouvernement Mendès-France, développement de l'action publique contre l'alcoolisme :
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- fermeture des débits de boissons et réglementation des points de vente (sur les lieux de travail notamment : les employeurs doivent désormais mettre de l'eau potable à disposition de leurs salariés)
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- développement de la prévention routière et prévention scolaire
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- lancement de campagnes publicitaires anti-alcool
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- réglementation de la publicité avc interdiction d'associer l'alcool au sport et à la conduite en automobile.
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En 1954, le Haut Comité d'Etudes et d'Informations sur l'Alcoolisme est créé.
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|Comment le film dirige-t-il le regard du spectateur ?=Le film emploie différents registres pour atteindre le spectateur dans ses préjugés et l'éveiller aux dangers liés à la consommation chronique de l'alcool. Saynètes drôles ou dramatiques, schéma clinique, vues de reportage... Des procédés humoristiques sont mobilisés comme le commentaire qui prend à parti les personnages. Il s'agit de ne pas sermonner mais de partir d'une réalité de l'alcool : sa consommation est liée à la convivialité et au plaisir de la table.
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|Comment la santé et la médecine sont-elles présentées ?=La médecine et la Santé sont représentées comme les institutions nécessaires pour prendre en charge les malades de l'alcool et sauver les vies exposées aux conduites à risque. Le film n'en souligne pas moins que l'alcoolisme concerne aussi les domaines de la police et de la justice (responsabilité des buveurs).
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Plan général, riant paysage de France, vignes, vergers, route et village. Commentaire : « La vigne est une des cultures de prédilection du sol français… » Un paysan entrain de gauler un pommier. « Bien d’autres arbres fruitiers sont la source de boissons fermentées et de liqueurs. » Plans d’usines, tonneaux alignés pour évoquer l’industrialisation de la production viticole. Vins et liqueurs se vendent massivement à l’étranger, mais les Français eux-mêmes « leur font grand honneur. » Plan d’un homme gisant ivre, sous un tonneau. Scènes de fêtes villageoises où les libations vont bon train. Jeunes et vieux paysans, le béret ou la casquette vissé sur la tête, boivent au bol ou à la tasse, une femme débraillée tend son verre : à remarquer que de tout le film, c’est la seule femme qui soit montrée ivre. L’alcool festif ne concerne pas que les classes populaires : le film enchaîne en montrant un banquet mondain, avec des convives habillés avec élégance, réunis autour d’une table recouverte d’une nappe blanche, illuminée par les lueurs des chandelles et leurs reflets dans les verres et les bouteilles. Le commentaire précise que « sont mobilisées en son honneur les vedettes de la scène et personnalités de la politique française ou étrangère ». Cérémonie d’un ordre chevaleresque associé au vin, également abondamment arrosée. « Aussi n’est-il pas surprenant qu’à son sujet tant d’idées fausses sont si profondément enracinées. »
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'''L’alcool au quotidien'''
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Int. Nuit. Un bar le soir, deux hommes rassemblés à un comptoir, plan américain.  Chacun trinque en disant « A votre santé ! ». L’un d’eux ajoute, sa main passant de sa gorge à la proéminence du ventre : « Ah que ça fait du bien par là où que ça passe ! ». Le commentaire interpelle les personnages qui se retournent pour un regard caméra : « Par où que ça passe, dites-vous ! » Zoom sur l’abdomen du personnage, fondu, schéma animé sur fond noir qui reproduit les parties concernées de l’organisme à mesure que le commentaire décrit la digestion de l’alcool et sa diffusion par le réseau sanguin. Estomac, intestin, foie, cerveau. « L’imprégnation du cerveau embrume l’esprit de son propriétaire et altère sa personnalité. » Les réactions au vin, à chaque fois illustrées par une saynète muette : gaieté ou tristesse excessives, agressivité dans les situations sociales. Retour au schéma animé : le cervelet atteint, l’équilibre se perd. Séquence d’animation burlesque par Serge Tessarech (collaborateur de Jean Image) montrant un homme ivre, claudiquant dans la rue. 
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Le film s’en prend dès lors à la chronicité de la consommation d’alcool. D’abord l’habitude chez les travailleurs de boire un litre de vin chaque jour, « sans lequel tant de compatriotes se croiraient incapables de suffire à leur tâche ». Plan de la bouteille posée sur les tables familiales. Le commentaire rappelle qu’il contient 100cm2 d’alcool éthylique « corps éminemment toxique ». Panoramique sur les bouteilles alignées sur l’étagère derrière le comptoir d’un bar. Le commentaire pointe cette fois la pratique quotidienne de l’apéritif ou du digestif « qui entraîne à la longue l’altération la plus grave de la santé ». La conséquence à redouter : la gastrite ou la cirrhose du foie. Sur fond noir, plan clinique sur un ventre excessivement enflé, parcouru de veines saillantes. Autre conséquence : l’internement psychiatrique. Plans du portail ou du mur d’enceinte d’un établissement. Schéma animé pour les chiffres : cas de cirrhoses quadruplés de 1947 à 1950, triplés de 1950 à 1956. Diminution de 41% des cas psychiatriques avec la disparition de l’alcoolisme (le terme employé est : « l’alcool »). Comparaison internationale : la France est la plus grande consommatrice, devant la Suède, la Belgique, les Pays-Bas, la Norvège, la Suisse, l’Italie, l’Angleterre, l’Espagne… (07.19)
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'''L’alcool et la descendance, l’ivresse a volant'''
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Retour au bar : l’autre buveur réagit en affirmant que chacun a connu de grands consommateurs d’alcool qui sont morts âgés. « Ainsi moi qi vous parle, mon grand-père était vigneron, il buvait au moins cinq litres de vine par jour. Ca ne l’a pas empêché de vivre jusqu’à 72 ans ». Argument faible, tant celui qui l’avance parait lui-même bien mal en point. Le commentaire rétorque : « Votre père a-t-il fait aussi bien ? Et vos enfants ? » Le buveur évoque des accidents, des faiblesses de constitution pour expliquer des parcours tôt arrêtés. « Bien sûr, réplique le commentaire, à moins que le grand-père, en gaspillant son capital santé n’ait frustré ses descendants d’une part de son héritage. »
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L’alcool au volant : scène d’accident nocturne, soins d’urgence. Le commentaire rappelle que « depuis le 1 er janvier 1956, les officiers de police peuvent, s’ils soupçonnent l’ivresse chez l’auteur présumé de l’accident, faire procéder à un examen clinique ». Il est établi ainsi qu’à Beauvais et Morlaix, où des enquêtes ont été spécifiquement mises en place, plus de la moitié des accidents de la route sont causés par l’ivresse.
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Saynète montrant un homme ivre sortir d’une maison pour monter dans une voiture. Il la démarre. « Un homme en état d’imprégnation alcoolique se sent lui en pleine forme. Sa virtuosité factice l’incite, au mépris du code de la route, à prendre des risques… » Plan général en légère contreplongée sur une route de campagne, une automobile en dépasse une autre en la débordant sur la gauche. Conduite à même de provoquer des accidents et des morts. (11.08)
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'''L’alcool en équipe et en famille'''
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Int. Jour, dans un atelier d’usine, échange entre deux ouvriers autour d’une machine. Ils s’inquiètent pour un de leurs collègues qu’on aperçoit au fond du champ. « J’étais avec lui à midi, il n’a pas beaucoup bu, mais il est tellement imbibé… ». Ils jettent des coups d’œil de son côté. La caméra resserre sur l’un des deux ouvriers. Cri hors champ. Il s’exclame : « Ah, ça y est ! ». Dans le bureau du contremaître, celui-ci explique aux ouvriers venus aux nouvelles : « Si c’était maintenant, jamais on n’accepterait un type comme lui à l’examen d’embauche ! » Sur fond noir, les mains de l’homme blessé. « Résultat, un estropié, dont l’aptitude au travail est devenue pratiquement nulle. » (12.43)
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Autre conséquence de la consommation abusive et répétée de l’alcool : l’homme devenu chez lui un « tyran domestique ». Int., pièce de cuisine, une femme se tient devant le four, une autre est assise et lit. La première va à la fenêtre : « Tenez, le voilà votre mari ! Il n’a l’air de rien, pourtant ! » L’autre femme répond d’un ton amer : « Il n’a jamais l’air !.. Et pourtant, il a sa dose comme tous les jours ». Cut. It. Salle à manger, la femme se met à servir pendant qu’un homme entre. C’est le mari. Ses gestes sont erratiques, son visage est crispé par une colère sourde. Les reproches pleuvent sur l’épouse puis sur le fils qui tarde à se présenter à table. Silence de plomb entre ses invectives. « Naturellement, elle n’est pas salée cette soupe ! » L’homme lâchant sa cuillère dans l’assiette, il prétexte un rhumatisme. « Et tâche de ne pas rigoler ! » ajoute-t-il en direction de son fils qui a baissé le nez en sentant le danger. Après les reproches, ce sont les coups qui pleuvent : l’homme se lève et abat sa main sur son fils qui se protège en levant le coude. « Et j’en ai assez à ton service ! » dit-il en pointant sa femme du doigt. Gros plan sur le visage de celle-ci, marquée par la douleur et la crainte. (15.29)
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Ces deux saynètes qui viennent de se succéder étonnent par leur intensité. Elles sont mises en scène comme des morceaux de drame réaliste, rappelant les œuvres de Jacques Becker. La reconstitution de l’atelier ou des intérieurs domestiques est soignée, et le découpage affuté sert une narration astreinte à la concision. Les comédiens habitent chaque plan comme si chaque saynète devait se prolonger en long métrage : les regards sont tendus, les répliques fusent, les gestes sont vifs et cèdent vite à la violence.
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'''La jeunesse, entre le contre-exemple des buveurs et l’exemple des sportifs.'''
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« N’oubliez pas non plus ces paris stupides dont les jeunes gens sont trop souvent friands ». Un groupe de garçons et filles au bar. Sur le comptoir, les verres se remplissent et se vident, se remplissent à nouveau. Alain doit en boire plusieurs d’affilée. Deux filles se tiennent de chaque côté de lui pour l’encourager. La musique dissone au quatrième verre. Gros plan sur le visage d’Alain, empreint de douleur et d’appréhension pendant qu’il porte la coupe aux lèvres. Il s’écroule. « Et oui, mort. Mort par intoxication massive. »
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Plan général sur une route qui se prolonge en pont dans un paysage verdoyant. Un peloton de cyclistes roule dessus à vive allure. Le commentaire les prend en exemple. « Au tour de France, il est vrai, des banderoles et des caravanes publicitaires vantent les mérites de l’alcool. Pourtant à l’étape, que boit le vainqueur ? De l’eau. » Plan d’altérophile en plein effort, puis de gymnastes et d’équilibristes. Pour eux, remarque le commentaire, l’alcool est rigoureusement proscrit. « Il y va de leur vie, disons-nous. Mais n’y va-t-il pas aussi de la vôtre si vous vous laissiez aller à l’habitude alcoolique ?  Aussi est-ce bien ‘à votre santé’ que nous avons réunis pour vous les quelques images qui composent ce film ». Carton avec le mot « Fin ».
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Revision as of 11:20, 11 October 2018

 

A votre santé


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Title A votre santé
Year of production 1956
Country of production France
Director(s) Pierre Thévenard
Scientific advisor(s) Léon Dérobert
Duration 18 minutes
Format Parlant - Noir et blanc - 16 mm
Original language(s) French
Production companies Etudes cinématographiques

Main credits

Content

Medical themes

Theme

Les dangers de de l'alcool : sur la santé - en société - sur le psychisme

Main genre

Documentaire

Synopsis

Exposé sur les dangers de l'alcool. Un rappel sur la place du vin et des liqueurs dans l'identité de la France. Un retour sur les idées préconçues à l'égard de l'alcool. Nuisances physiologiques et psychiques. Des chiffres pour mesurer l'ampleur de l'alcoolisme dans la société française. Mise en scène des conduites à risques. Le film insiste sur les préjugés des personnes d'âge mûr et l'imprudence des jeunes personnes.

Context

A partir de 1954, sous l'impulsion du gouvernement Mendès-France, développement de l'action publique contre l'alcoolisme :

- fermeture des débits de boissons et réglementation des points de vente (sur les lieux de travail notamment : les employeurs doivent désormais mettre de l'eau potable à disposition de leurs salariés)

- développement de la prévention routière et prévention scolaire

- lancement de campagnes publicitaires anti-alcool

- réglementation de la publicité avc interdiction d'associer l'alcool au sport et à la conduite en automobile.

En 1954, le Haut Comité d'Etudes et d'Informations sur l'Alcoolisme est créé.

Structuring elements of the film

  • Reporting footage  : No.
  • Set footage  : No.
  • Archival footage  : Yes.
  • Animated sequences  : Yes.
  • Intertitles  : Yes.
  • Host  : No.
  • Voice-over  : Yes.
  • Interview  : No.
  • Music and sound effects : Yes.
  • Images featured in other films : Yes.

How does the film direct the viewer’s attention?

Le film emploie différents registres pour atteindre le spectateur dans ses préjugés et l'éveiller aux dangers liés à la consommation chronique de l'alcool. Saynètes drôles ou dramatiques, schéma clinique, vues de reportage... Des procédés humoristiques sont mobilisés comme le commentaire qui prend à parti les personnages. Il s'agit de ne pas sermonner mais de partir d'une réalité de l'alcool : sa consommation est liée à la convivialité et au plaisir de la table.

How are health and medicine portrayed?

La médecine et la Santé sont représentées comme les institutions nécessaires pour prendre en charge les malades de l'alcool et sauver les vies exposées aux conduites à risque. Le film n'en souligne pas moins que l'alcoolisme concerne aussi les domaines de la police et de la justice (responsabilité des buveurs).

Broadcasting and reception

Where is the film screened?

première partie de programme cinématographique.

Presentations and events associated with the film

Audience

tout public

Local, national, or international audience

Description

L’alcool dans la culture française

Plan général, riant paysage de France, vignes, vergers, route et village. Commentaire : « La vigne est une des cultures de prédilection du sol français… » Un paysan entrain de gauler un pommier. « Bien d’autres arbres fruitiers sont la source de boissons fermentées et de liqueurs. » Plans d’usines, tonneaux alignés pour évoquer l’industrialisation de la production viticole. Vins et liqueurs se vendent massivement à l’étranger, mais les Français eux-mêmes « leur font grand honneur. » Plan d’un homme gisant ivre, sous un tonneau. Scènes de fêtes villageoises où les libations vont bon train. Jeunes et vieux paysans, le béret ou la casquette vissé sur la tête, boivent au bol ou à la tasse, une femme débraillée tend son verre : à remarquer que de tout le film, c’est la seule femme qui soit montrée ivre. L’alcool festif ne concerne pas que les classes populaires : le film enchaîne en montrant un banquet mondain, avec des convives habillés avec élégance, réunis autour d’une table recouverte d’une nappe blanche, illuminée par les lueurs des chandelles et leurs reflets dans les verres et les bouteilles. Le commentaire précise que « sont mobilisées en son honneur les vedettes de la scène et personnalités de la politique française ou étrangère ». Cérémonie d’un ordre chevaleresque associé au vin, également abondamment arrosée. « Aussi n’est-il pas surprenant qu’à son sujet tant d’idées fausses sont si profondément enracinées. »

L’alcool au quotidien

Int. Nuit. Un bar le soir, deux hommes rassemblés à un comptoir, plan américain. Chacun trinque en disant « A votre santé ! ». L’un d’eux ajoute, sa main passant de sa gorge à la proéminence du ventre : « Ah que ça fait du bien par là où que ça passe ! ». Le commentaire interpelle les personnages qui se retournent pour un regard caméra : « Par où que ça passe, dites-vous ! » Zoom sur l’abdomen du personnage, fondu, schéma animé sur fond noir qui reproduit les parties concernées de l’organisme à mesure que le commentaire décrit la digestion de l’alcool et sa diffusion par le réseau sanguin. Estomac, intestin, foie, cerveau. « L’imprégnation du cerveau embrume l’esprit de son propriétaire et altère sa personnalité. » Les réactions au vin, à chaque fois illustrées par une saynète muette : gaieté ou tristesse excessives, agressivité dans les situations sociales. Retour au schéma animé : le cervelet atteint, l’équilibre se perd. Séquence d’animation burlesque par Serge Tessarech (collaborateur de Jean Image) montrant un homme ivre, claudiquant dans la rue. Le film s’en prend dès lors à la chronicité de la consommation d’alcool. D’abord l’habitude chez les travailleurs de boire un litre de vin chaque jour, « sans lequel tant de compatriotes se croiraient incapables de suffire à leur tâche ». Plan de la bouteille posée sur les tables familiales. Le commentaire rappelle qu’il contient 100cm2 d’alcool éthylique « corps éminemment toxique ». Panoramique sur les bouteilles alignées sur l’étagère derrière le comptoir d’un bar. Le commentaire pointe cette fois la pratique quotidienne de l’apéritif ou du digestif « qui entraîne à la longue l’altération la plus grave de la santé ». La conséquence à redouter : la gastrite ou la cirrhose du foie. Sur fond noir, plan clinique sur un ventre excessivement enflé, parcouru de veines saillantes. Autre conséquence : l’internement psychiatrique. Plans du portail ou du mur d’enceinte d’un établissement. Schéma animé pour les chiffres : cas de cirrhoses quadruplés de 1947 à 1950, triplés de 1950 à 1956. Diminution de 41% des cas psychiatriques avec la disparition de l’alcoolisme (le terme employé est : « l’alcool »). Comparaison internationale : la France est la plus grande consommatrice, devant la Suède, la Belgique, les Pays-Bas, la Norvège, la Suisse, l’Italie, l’Angleterre, l’Espagne… (07.19)

L’alcool et la descendance, l’ivresse a volant

Retour au bar : l’autre buveur réagit en affirmant que chacun a connu de grands consommateurs d’alcool qui sont morts âgés. « Ainsi moi qi vous parle, mon grand-père était vigneron, il buvait au moins cinq litres de vine par jour. Ca ne l’a pas empêché de vivre jusqu’à 72 ans ». Argument faible, tant celui qui l’avance parait lui-même bien mal en point. Le commentaire rétorque : « Votre père a-t-il fait aussi bien ? Et vos enfants ? » Le buveur évoque des accidents, des faiblesses de constitution pour expliquer des parcours tôt arrêtés. « Bien sûr, réplique le commentaire, à moins que le grand-père, en gaspillant son capital santé n’ait frustré ses descendants d’une part de son héritage. » L’alcool au volant : scène d’accident nocturne, soins d’urgence. Le commentaire rappelle que « depuis le 1 er janvier 1956, les officiers de police peuvent, s’ils soupçonnent l’ivresse chez l’auteur présumé de l’accident, faire procéder à un examen clinique ». Il est établi ainsi qu’à Beauvais et Morlaix, où des enquêtes ont été spécifiquement mises en place, plus de la moitié des accidents de la route sont causés par l’ivresse.

Saynète montrant un homme ivre sortir d’une maison pour monter dans une voiture. Il la démarre. « Un homme en état d’imprégnation alcoolique se sent lui en pleine forme. Sa virtuosité factice l’incite, au mépris du code de la route, à prendre des risques… » Plan général en légère contreplongée sur une route de campagne, une automobile en dépasse une autre en la débordant sur la gauche. Conduite à même de provoquer des accidents et des morts. (11.08)

L’alcool en équipe et en famille

Int. Jour, dans un atelier d’usine, échange entre deux ouvriers autour d’une machine. Ils s’inquiètent pour un de leurs collègues qu’on aperçoit au fond du champ. « J’étais avec lui à midi, il n’a pas beaucoup bu, mais il est tellement imbibé… ». Ils jettent des coups d’œil de son côté. La caméra resserre sur l’un des deux ouvriers. Cri hors champ. Il s’exclame : « Ah, ça y est ! ». Dans le bureau du contremaître, celui-ci explique aux ouvriers venus aux nouvelles : « Si c’était maintenant, jamais on n’accepterait un type comme lui à l’examen d’embauche ! » Sur fond noir, les mains de l’homme blessé. « Résultat, un estropié, dont l’aptitude au travail est devenue pratiquement nulle. » (12.43) Autre conséquence de la consommation abusive et répétée de l’alcool : l’homme devenu chez lui un « tyran domestique ». Int., pièce de cuisine, une femme se tient devant le four, une autre est assise et lit. La première va à la fenêtre : « Tenez, le voilà votre mari ! Il n’a l’air de rien, pourtant ! » L’autre femme répond d’un ton amer : « Il n’a jamais l’air !.. Et pourtant, il a sa dose comme tous les jours ». Cut. It. Salle à manger, la femme se met à servir pendant qu’un homme entre. C’est le mari. Ses gestes sont erratiques, son visage est crispé par une colère sourde. Les reproches pleuvent sur l’épouse puis sur le fils qui tarde à se présenter à table. Silence de plomb entre ses invectives. « Naturellement, elle n’est pas salée cette soupe ! » L’homme lâchant sa cuillère dans l’assiette, il prétexte un rhumatisme. « Et tâche de ne pas rigoler ! » ajoute-t-il en direction de son fils qui a baissé le nez en sentant le danger. Après les reproches, ce sont les coups qui pleuvent : l’homme se lève et abat sa main sur son fils qui se protège en levant le coude. « Et j’en ai assez à ton service ! » dit-il en pointant sa femme du doigt. Gros plan sur le visage de celle-ci, marquée par la douleur et la crainte. (15.29)

Ces deux saynètes qui viennent de se succéder étonnent par leur intensité. Elles sont mises en scène comme des morceaux de drame réaliste, rappelant les œuvres de Jacques Becker. La reconstitution de l’atelier ou des intérieurs domestiques est soignée, et le découpage affuté sert une narration astreinte à la concision. Les comédiens habitent chaque plan comme si chaque saynète devait se prolonger en long métrage : les regards sont tendus, les répliques fusent, les gestes sont vifs et cèdent vite à la violence.

La jeunesse, entre le contre-exemple des buveurs et l’exemple des sportifs.

« N’oubliez pas non plus ces paris stupides dont les jeunes gens sont trop souvent friands ». Un groupe de garçons et filles au bar. Sur le comptoir, les verres se remplissent et se vident, se remplissent à nouveau. Alain doit en boire plusieurs d’affilée. Deux filles se tiennent de chaque côté de lui pour l’encourager. La musique dissone au quatrième verre. Gros plan sur le visage d’Alain, empreint de douleur et d’appréhension pendant qu’il porte la coupe aux lèvres. Il s’écroule. « Et oui, mort. Mort par intoxication massive. » Plan général sur une route qui se prolonge en pont dans un paysage verdoyant. Un peloton de cyclistes roule dessus à vive allure. Le commentaire les prend en exemple. « Au tour de France, il est vrai, des banderoles et des caravanes publicitaires vantent les mérites de l’alcool. Pourtant à l’étape, que boit le vainqueur ? De l’eau. » Plan d’altérophile en plein effort, puis de gymnastes et d’équilibristes. Pour eux, remarque le commentaire, l’alcool est rigoureusement proscrit. « Il y va de leur vie, disons-nous. Mais n’y va-t-il pas aussi de la vôtre si vous vous laissiez aller à l’habitude alcoolique ? Aussi est-ce bien ‘à votre santé’ que nous avons réunis pour vous les quelques images qui composent ce film ». Carton avec le mot « Fin ».



Contributors

  • Record written by : Joël Danet